Du miel pour les ours Anthony Burgess

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Une forme d’extravagance, une folie maîtrisée de se cantonner dans un univers bourgeois au seuil du naufrage. Burgess, dans ce roman, donne un visage à l’identité anglaise au moment où celle-ci perd de sa rigide assurance. Une certaine désinvolture se dégage de ce roman. Toujours, attention, avec la tenue de ce gentleman anglais que s’efforce malgré tout d’être le héros de cette rocambolesque excursion dans ce pays en miroir qu’est la Russie soviétique de Kroutchev.

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Inishowen Joseph O’Connor

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O’Connor est un écrivain dont j’avais déjà apprécié Desperado et À l’irlandaise. Dans Inishowen, le lecteur retrouve un univers, une écriture point trop marquée mais d’une construction sensible. Il semble inutile d’en résumer l’intrigue. Insistons plutôt sur la capacité d’O’Connor a distillé une ambiance, une subtilité pour décrire la noirceur profonde et ordinaire à laquelle font face l’intégralité de ses personnages. 

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Illska Le Mal Eiríkur Örn NORÐDAHL

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Première évidence : le manque d’écriture. Remarque dont la stupidité tient à l’impossibilité de l’étayer, surtout pour un ouvrage traduit. Pourtant, frappé par une platitude, un vocabulaire sans heurt ni la moindre impression de décalage. Dommage que ce style ne touche pas à la brutalité, à la confusion, auxquelles prétend l’auteur. Dans toute la première partie, il pointe l’hypothèse de ce mal généralisé, de ce nazisme auquel tout pourrait se comparer.

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Au cœur de ce pays

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Dans son deuxième roman, J-M Coetze nous offre un visage de son pays. Avec le souffle d’une écriture magnifique et spéculative, le futur prix Nobel de littérature décrit les pensées hiératiques d’une jeune fille égarée dans le veld de l’Afrique du Sud. Un roman bref et intense.

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Vie prolongée d’Arthur Rimbaud Thierry Beinstingel

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Une idée me hante depuis longtemps. J’y reviens comme une impossibilité dont je ne peux me détacher : la tentation de renaître, de fuir pour s’inventer une nouvelle existence. Sans doute est-ce, à la lettre, un vertige. Le roman ouvre cette tentation théorique comme une hypothèse mélancolique.

Le geste d’Arthur Rimbaud semble l’incarnation de cette réinvention de soi. L’auteur réalise ce pari improbable de rendre compte, sans pathos ni envahissement de l’existence d’un génie, de cette difficulté à témoigner au cœur du roman mais aussi de cette histoire spéculative, cette façon dont tout un chacun invente les possibilités non vécues de son existences. Nous en trouvons des illustrations parfaites tant chez Coetze que chez Penn Warren.

Vie prolongée d’Arthur Rimbaud reconnaît l’ironie du « Il faut être absolument moderne » déclamée dans Une saison en enfer avant de s’enfuir en Abyssinie. Le geste initiateur de la modernité,  le renoncement à la poésie, est admirablement mis en perspective par une hypothèse folle : durant son agonie à Marseille, le poète revenu gangreneux est pris pour un autre, déclaré mort il survit.

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