Little Big Bang Benny Barbash

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Dans Little big bang, Benny Barbash dépeint une allégorie absurde et fantastique. L’histoire de l’oreille d’un homme dans laquelle pousse une oreille permet une réflexion amusée sur le conflit israélo-palestinien mais surtout sur l’incertitude de nos devenirs.

Un récit très court à la fin volontairement décevante. Disons le d’emblée, il ne me semble pas que ce soit le meilleur livre de Barbash. Si vous souhaitez découvrir ce grand auteur israélien, My first Sonny s’avérera sans doute une lecture plus enthousiasmante.

Néanmoins, insister sur le fortuit des lectures. L’aisance avec laquelle il est facile, a posteriori, de dresser continuité et ressemblance. Le domaine du roman reste, à mon sens, ce qui aurait pu se passer. Non uniquement dans une attitude de déploration mais aussi dans un imaginaire qui se projette dans l’avenir. Le frère allemand décrivait ce genre de chimères où, au préalable, nous rêvons ce que nous ne parvenons jamais tout à fait à devenir. Little big bang l’envisage d’un point de vue plus théorique.

Mais Barbash a l’intelligence de rendre le centre de son récit intelligible, malgré son fonds spéculatifs, en le racontant sous le prisme d’un enfant de douze ans. Son père entame un régime, exclusivement à base d’olives. Il s’étouffe avec un noyau. Le lendemain un noyau lui pousse dans l’oreille. Argument simple et imparable. On pense, bien sûr, à Gogol ou à Kafka. Mais ce n’est pas ce qui intéresse, au fond, l’auteur. D’où peut-être une impression de désinvolture. Pas désagréable au demeurant.

Le plus intéressant de ce court récit reste sa réflexion sur le big-bang ou plutôt sur notre capacité à envisager, voire à prévoir ce qui va arriver ou même à accepter, comme pour la création de l’univers, le point singulier. Sous le regard d’un enfant, il s’agirait de ce point précédant le big-bang, cette façon d’expliquer la possibilité que quelque chose se produise à partir de rien, sans commencement logique et donc sans véritable fin. À l’image de ce Little big bang.

Soulignons malgré tout l’humour constant de ce texte, sa grande légèreté et sa capacité à rester indécis. Une grande capacité à introduire des personnages variés et profonds, à traiter de la survivance de la Shoah et de la problématique occupation israélienne. Le père se retrouve, littéralement, enraciner sur un territoire palestinien. Une maigre note d’espoir dont nous ne saurons pas davantage.

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