Les doigts rouges Keigo Higashino

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Les polars de Higashino offrent toujours une mécanique minimaliste plutôt fascinante. Les doigts rouges, relativement bref, nous emporte dans une catastrophique fausse mise en accusation qui sert de prétexte à Higashino pour interroger le partage d’une responsabilité  familiale.

L’écriture de Higashino semble toujours à un lecteur français d’une sécheresse qui parfois flirte avec la platitude. Impression toutefois moins terrible que chez Murakami pour ne prendre qu’un seul exemple. Pour autant que je puisse en juger, il ne s’agit pas ici d’une question de traduction mais plutôt d’une volonté délibérée de l’auteur. Pas de date et peu de psychologie et la forte critique sociale de ce roman, portée par une intrigue d’abord prévisible puis avec un beau retournement, n’apparaît alors jamais comme un pesant commentaire.

Trois générations se retrouvent sous un même toit. Akio Maehara ne sait pas plus prendre soin de son fils que de sa mère. Son ordinaire, et somme toute sympathique, lâcheté le conduit à un jeu de soumission et surtout de passivité avec sa femme. Quand son fils commet un crime, Higashino n’insiste aucunement sur sa perversité latente et feint d’offrir au lecteur d’usuels mobiles : l’enfant roi est déconnecté, la société s’enfonce dans la virtualité et autres commodes balivernes.  Jamais totalement fausses dans ce cas précis. Le père masque le crime et met en place une stratégie de plus en plus cynique pour échapper à ses responsabilités.

Intrigue qui tient surtout par son ambiance et son questionnement très prosaïque : que doit-on faire de nos aînés surtout dans une société niponne où se respect se teinte d’hypocrisie et d’une fatalité qui ne tarde pas à se révéler tragique.

Un enquêteur ne peut pas se contenter de trouver la vérité. Le moment où il le fait, et la manière sont aussi importants.

Le duo d’inspecteur, eux aussi au prise avec la dépendance familiale et ses haines et affections, porte alors une résolution plutôt jouissive. Ne pas seulement trouver le meurtrier mais déjouer ses plans, se demander si on souhaite vraiment qu’il s’échappe. Plaisirs de lecture simples. Mais doit-on en demander plus à ce polar d’une belle facture ?

 

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4 commentaires sur « Les doigts rouges Keigo Higashino »

  1. Oh, je vois qui c’est ! Un des livres de l’auteur est dans ma wish-list (« Le dévouement du suspect X », je crois), je vais donc rajouter celui-ci 🙂

    Merci d’en avoir parlé en tout cas !

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  2. Je ne suis pas lectrice de polars habituellement mais celui-ci m’a énormément plu ! Une très chouette découverte avec un contrepied que j’ai vraiment apprécié. 🙂

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