Intuitions et préjugés : 2019, déjà

Pour éviter le cafard du bilan, la fausseté du regard rétrospectif ou imbécillité journalistique du coup de cœur ou autre classement marchand, un bref coup d’œil sur les livres dont je vais vous parler d’ici peu.

Vous trouverez assez facilement un résumé de tous les livres à paraître sur le site de leur éditeur. Tentons plutôt une prise de contact, mots au hasard sur l’objet en lui, ses attendus. Prendre le risque de se tromper, vérifier aussi ses intuitions, invalider, qui sait, ses préjugés.

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Perte et mélancolie ; Histoire et mémoire. Un polar complexe et ample dont, déjà, j’ai causé ici.

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Alors l’Europe ? Le sujet vous laisse perplexe, vous conduit peut-être même à un rejet épidermique. Pas sûr que ce grand roman vous réconcilie avec l’idée ou l’utopie européenne. Certains en tout cas que vous vous laisserez prendre par la virtuosité de la construction, l’habilité de sa perception temporelle, l’interrogation du souvenir et la constitution d’une mémoire si difficilement collective. En avance vous pouvez lire ma chronique ici.

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Premier roman – en cours de lecture – densité de l’écriture, bousculer la syntaxe comme l’enfermer dans un cauchemar concentrationnaire. Objet magnifique avec son propre poids pour servir un propos intrigant et captivant. Enfermement dans le spectacle : ne vivons-nous pas tous dans un parc de loisir. Grande hâte de vous en parler un peu moins mal. Fusain et noirceur, transparence et flou, une vraie tension palpable.

En réalité, le roman est encore bien meilleure, ma note de lecture est à découvrir ici.

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Plongée dans l’inconnu, en remonter une cartographie pastel. Le goût, sans doute, de la dérive situationniste. Un plan pour nos errances, une représentation de nos pertes. Géométrie variable quatrième de couverture dixit. Y présupposer un aplat de sensations, l’inscription d’un passage avec la perte ainsi entendue. Certitudes pour ce livre de la chance de me laisser détromper.

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Le mot qui manque par avance. Hardt me dit quelque chose, porte un sens que je crois connaître. Un mot en allemand comme un coup, un tranchet affûté comme un stylite. Un autre premier roman à l’univers étouffant comme une forêt, irrespirable, inquiétant. Une sorte de panique et une torsion stylistique pour en rendre compte. N’avoir pas encore ouvert le livre mais empli de ce ressenti à la vue de cette couverture. Encore un très bel objet de l’Ogre. L’audace et le soin graphique ont encore une place dans le monde éditoriale. Et franchement, courrez lire ce premier roman très étonnant. Ma chronique.

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Des trois-quart de bandeau. Mais pourquoi une jaquette qui ne recouvre pas tout ? Pas toujours malin, le premier regard. Roman plus traditionnel, historique avec un fond qui sait de réalisme sans trop de premier regard. Appétence, en cette saison, pour la littérature d’expression allemande. Confiant, sans avoir jamais rien lu de Schlink dans un savoir-faire deviné pudique. Une sorte de respiration sensible. Une belle surprise pourtant, ma chronique à découvrir ici

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Manière de cohérence éditoriale. Recevoir un livre du Quai Voltaire laisse présager une forme qui ne se prétendra aucunement expérimental, qui s’accrochera aux formes attendues du roman mais pour y déployer cette sensibilité qui compte uniquement dans sa précision. Une histoire dévorante d’illusion, de magie, d’amour disons. Belfast aussi, un autre de mes Nord magnétique, un attrait tout particulier pour cette ville où pas encore je suis allé. À découvrir donc.  Beaucoup de sensibilité et de précision dans ce roman sur l’envers du décor. Ma note de lecture est ici.

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Un livre venu à moi hors de toute sollicitation attire, a priori, ma sympathie. Un roman russe rédigé en allemand également. On y cause, paraît-il, de formation et de modernité. On est, paraît-il toujours, intrigué. Le vieux vingtième siècle, son histoire connue mais oblitérée, reste l’époque du roman comme si toute sa vision en était, fort heureusement contaminé.

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Un autre premier roman dont je parlerai avec plaisir (la littérature en train de se faire reste un de mes objectifs, les premières tentatives romanesques en sont l’épreuve souveraine, non ?). Première impression, une confusion avec le film Les ogres de Léa Frazer. Premier roman d’un jeune homme dont je redoute le caractère français. Espérons qu’il ne soit pas trop appuyé. Là encore, le souvenir des survivants, partant l’obsession du passage, de l’adolescence, comme une des grandes caractéristiques du roman.

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Trompeur tons pastels pour un livre de chez Quidam. Premier roman féminin, en quête de vérité, d’audaces formelles sans aucun doute au vue de l’éditeur. L’apaisement qui sait. Lutte vers la clarté et contre le mensonge, âpre solitude contemplative. Concession et acceptation, un livre lumineux, la mer en toile de fond ou l’espoir sans mièvrerie. À découvrir ici pour ce roman très plaisant sur la ressemblance.

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 Du polar vraiment écrit et dès lors véritablement noir. Recevoir un livre d’Hervé Le Corre induit une certaine confiance. Plongée historique souvent réussie par la grâce d’une sémantique apte à recréer une époque. Regret, ou pas loin, léger de ce retour à la Commune de Paris. À se demander si ce moment historique si décisif n’est pas devenu un lieu commun. Mais on cause de Le Corre quand même. Sans faute de goût assurément. Une bonne grosse claque, le retour même d’une nécessaire indignation. Pour en savoir plus c’est par ici.

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À lui seul, le titre donne envie de se noyer dans ce roman un peu plus épais que les autres parutions de cette indispensable maison d’édition qu’est Quidam. Une autre histoire allemande en train de s’écrire. On la pressent accroché à la nécessité de l’exactitude de sa mise en mots dont la précision se voudra, je le crois, aussi précise et onirique que la très belle photo de couverture. Une très légère déception pour ce roman agréable et fluide à découvrir ici.

Pour février, un roman épistolaire vietnamien (Le cri de l’aurore de Hoai Huong Nguyen dont je ne trouve pas encore de visuel) qui m’intrigue. Il me reste encore un peu de place et sans doute de nouvelles réceptions.

 

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6 commentaires sur « Intuitions et préjugés : 2019, déjà »

  1. Beau billet, original. Mais j’ai une question sur l’introduction.
    « Le cafard du bilan » je peux
    comprendre, « la fausseté du regard rétrospectif » aussi, mais le regard à chaud peut-être tout aussi faux, parfois, non ? Mais « l’imbécillité journalistique du coup de cœur », du coup je ne comprends pas 🙂

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    1. Le coup de cœur me paraît un peu idiot car c’est une façon de galvaudé le terme, pire, je crois, d’introduire un classement. Le regard à chaud est sans doute un peu faux. Donnons lui le mérite de la spontanéité.
      Merci pour ton passage en tout cas.

      Aimé par 1 personne

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