Meurtre à Montaigne Estelle Monbrun

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Un plaisir malin, un rien d’érudition menée comme une visite ironique dans les château de Montaigne, une intrigue simple dans un temps suspendu le tout porté par un regard doucereusement acerbe. Ou quelques raisons de se laisser prendre à ce Meurtre à Montaigne, léger et divertissant.

Un livre pour célébrer un anniversaire : depuis vingt-cinq ans, Viviane Hamy continue à créer une certaine forme de polars oniriques (dans un temps peu marqué mais non sans un traitement sans concession pour des désordres sociaux séparés de leur actualité) mais aussi littéraires. Sans une once de condescendance de ma part, je crois qu’il s’agit de la part d’Estelle Monbrun de prodiguer une forme d’éducation populaire. De le faire avec une vraie discrétion et avec toute l’efficacité narrative appelée par le polar.

Un des plaisirs de lire ce polar tient alors aux doublures de l’autrice par laquelle elle s’amuse de ses visées toujours atteintes. Son désir de nous transmettre sa passion pour Montaigne passe alors par une doublure de fiction. Estelle Monbrun est un pseudonyme pour, au civil, une universitaire. Meurtre à Montaigne nous livre d’ailleurs une caricature sensible de ce milieu que je connais à peu près aussi bien que l’œuvre de Montaigne. Un souvenir très universitaire du plaisir à lire et à suivre la démarche tortueuse de celui dont ce roman nous livre un portrait presque, pour reprendre une figure de son époque et de ses Essais, par anamorphose. Ainsi, le seul portrait que nous aurons de Montaigne sera celui délivré par Claire Darsac, une universitaire si passionnée qu’elle devient guide bénévole, doublure potentielle de l’autrice donc.

Avouons aussi avoir bien rit à la caricature du monde de l’édition et de ses arrangements. Galimatias et autres arrangements d’entregents. Mais où l’humour d’Estelle Monbrun touche vraiment c’est quand elle se moque d’elle-même. Une autre doublure d’elle-même sous-entendue par une reconnaissance autobiographique avec la vie de l’autrice : un romancier anglais écrit des polars régionalistes, pour mieux les vendre, il faudrait y adjoindre un nom que tout le monde connaît. Ça rappelle quelque chose. Nous voilà pourtant au cœur du polar : jouer avec des codes bien établis, parvenir à s’en sortir. À faire le boulot sans prendre de haut ce genre populaire, le plaisir auquel on se laisse prendre.



Merci aux Éditions Viviane Hamy pour cet envoi.

Meurtre à Montaigne (246 pages, 19 euros)

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