La valse des tulipes Ibon Martin

Polar d’une belle efficacité, qui reprend la structure entendue d’enfants placés de force par l’église catholique. La valse des tulipes entraîne le lecteur dans une région charmante, où le pittoresque n’est pas absent mais toujours heureusement rattrapé par le rythme de l’intrigue. Ibon Martin parvient à saisir le lecteur grâce à l’efficacité sans fioriture de son roman.

Il est des instants où, sans trop savoir pourquoi – ou plutôt sans vouloir se le préciser – on tombe dans un livre comme dans un univers de substitution, bon public on suit les rebondissements sans s’attarder sur leur aspect un rien convenu ou sur les artifices du suspens. On ne peut reprocher à un polar son efficacité. Je me suis laissé prendre à La valse des tulipes, j’ai aimé son attention au rythme de la mer, son sens du paysage pour rendre compte de l’enchantement d’Urdabai, son mode de vie préservé – dans le roman seulement sans doute mais qu’importe – entre pêcheurs et bistro. Une sympathie instinctive, un accord avec le lieu toujours intéressant pour nous en restituer l’atmosphère.

Il faut quand même avouer que les deux personnages féminins d’enquêtrice nous ont semblé, au début, un peu trop proches pour ne pas induire une vague confusion. Vieil adage du polar, son enquêteur est toujours déglingué par la vie et ses traumas qui peu à peu remontent en regard de son enquête. Ane et Julia, deux femmes libres, célibataires et un peu paumées dans un désir d’enfant mal dénié. On pense ici à la très belle série de Michèle Pedinielli et sa manière d’assumer que son enquêtrice refuse la maternité. La maternité est au coeur de ce livre plaisant. Comme dans tous les pays où le catholicisme fut fort, l’Espagne paraît avoir connu des enlèvements d’enfants, une morale hystérique appliquée par des nonnes un rien timbrées. Ibon Martin parvient à reconstituer leur obstruction, la clôture sur la certitude de faire le bien.

Le polar ce serait alors une manière de prêter du sens au passé, de lui donner une fatalité. Si La valse des tulipes marche si bien c’est qu’il ne prétend pas à l’originalité. Ibon Martin parvient à rendre de manière crédible les traumatismes enfantins du psychopathe qu’il met en scène. Rien de vraiment extraordinaire, rien qu’un désamour et de l’exclusion sociale. N’en disons pas plus et laissons au lecteur le plaisir de s’absorber dans cette histoire qui fonctionne.


Un grand merci aux éditions Actes Sud pour l’envoi de ce roman.

La valse des tulipes (trad : Claude Bleton, 478 pages, 23 euros)

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