Comment je suis devenue Duchess Goldblatt

Invention d’un avatar plein de compassion, d’humour, de décalage comme révélateur d’une vie à la dérive, de ses difficultés à entretenir, au premier degré, ses terribles rapports sociaux. Une éditrice s’invente un double virtuel, elle recrée une communauté, invente la possibilité de la bienveillance, la distance du soutien. De ce premier roman anonyme se dégage la rare possibilité de la joie, la prise en compte distanciée des souffrances qui la sous-tendent, la chance, en parlant d’autre chose, de toucher à la justesse des sentiments.

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Chateau de cartes Miguel Szymanski

Plongée dans les bassesses de la haute finance portugaise. Un banquier est enlevé, son système, crapuleux, s’écroulerait sans les indéfectibles soutiens institutionnels qui le renflouent pour mieux masquer l’étendu des dégâts. Pour son premier roman, Miguel Szymanskim en place sa palette de connaissance d’ancien journaliste économique pour mieux nous livrer une radiographie d’un pays et de tout son système. Château de cartes, un polar sympathique, divertissant.

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Obsolescence des ruines Bruce Bégout

L’effacement des ruines dans le paysage contemporain comme incarnation, déjà dépassée par définition, du capitolocène. Partons dans cette exploration – livresque, esthétique et philosophique – des suburbia, zones intermédiaires, difficilement définissables d’être totalement aliénées à la fonctionnalité. Avec l’élégance rieuse de la vraie érudition, Bruce Bégout s’empare des ruines, de nos conceptions historiques, de nos façons d’en faire un miroir esthétique, afin de proposer un rapport au lieu. Obsolescence des ruines ou une très fine méditation sur notre rapport à la destruction.

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Heureux soit ton nom Sotiris Dimitriou

Entre l’Albanie et la Grèce, deux sœurs tiraillées par les tyrannies de l’Histoire, ses incessants déplacements forcés et surtout la très grande misère qui en ressort. Par l’admirable traduction de Marie-Cécile Fauvin, nous entendons la langue dialectale, la rudesse de sa ruralité, sa grande pudeur, la beauté de sa résistance, retranscrit par Sotiris Dimitriou comme témoignage primordiale d’un monde enfoui. Heureux soit ton nom ou la très dure réconciliation de deux peuples.

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A hell of a woman Jim Thompson

Réédition, aux allures de pulps (dans des cahiers, avec des illustrations délicieusement old school) du grand classique de Jim Thompson. La naissance du roman noir, le narrateur peu fiable à son meilleur et une acerbe critique des rêves vendus, à crédit, par ce capitalisme triomphant. Toujours en connaissance de cause, toujours en contact intime avec cette Amérique des déclassés, Jim Thompson excelle à restituer les ressorts psychologiques d’un homme acculé, sa part de mensonge, voire d’hallucinations comme dans un final impressionnant.

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