Sarah Jane James Sallis

Le roman des silences, récits lapidaires de présences croisées, des absences qu’elles laissent, de tout ce qui ne nous détermine pas tout à fait. Toujours dans cette très haute perfection du style, cette sécheresse qui atteint tout de suite à nos incompréhensions, James Sallis signe un nouvel opus qui émerveille dans sa sagesse simple, âpre. Sarah Jane immense roman noir qui laisse au lecteur le soin de combler les silences en son centre.

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L’inexistence David Turgeon

Biographie fictionnelle d’un inconnu, étranger à lui-même, comme inexistant dans ce pays inventé dont il aurait créé un système de classification sociologique. Dans un beau dépouillement de la langue, par la jolie rapidité à des références faussées mais parlantes, L’inexistence nous plonge dans la chute d’un empire, la mise en place de son racisme, l’absurde catastrophe de chaque existence, les histoires auxquelles on s’accroche pour leur donner sens. Dans cette réalité parallèle, angoissante comme un rêve, David Turgeon restitue la force de nos inexistences.

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Violence(s) Paule Andrau

L’état de femme dans ses silences, ses tacites acceptations comme autant d’acceptations tues, de douleurs et de béances face au vide du quotidien auxquelles Paule Andrau donne voix. Livre assez oppressant, tendu dans une écriture qui laisse entendre le ressassement et le désespoir de trois femmes captives (sans soumission) de leur condition, de leur quotidien, Violence(s) est un livre sans fard, sur l’intime, son usure et ses désillusions. La vie dans ses contondantes vacuités.

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Soin de suite 2

Mouvante accélération circulaire : l’encerclement des ombres précisent les silhouettes. Les mots manquent, ils sont sur le bout de la langue, comme on dit en français. Une saveur s’approche. Une soif impossible à assouvir. La si forte sensation d’équilibre et, l’instant d’après, un déséquilibre, l’amorce d’un mouvement, l’élargissement de la perception.

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24 fois la vérité Raphaël Meltz

Derrière l’agacement, la suffisance du c’était mieux avant, 24 fois la vérité mène une réflexion sur la vérité de l’image, romanesque ou cinématographique, les spectres qui la hantent mais aussi, avec un peu plus d’insistance, l’immédiateté numérique qui en ferait un flux de pur virtualité. Dans un jeu de doublure, derrière un détestable narrateur, Raphaël Meltz continue à interroger le réel romanesque, sa matérialité, son impact sur l’époque, sur la vie qu’il faut continuer à en exiger.

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