D’un projet de carnet de lecture #2#

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Continuité de l’actualisation de ce projet de carnet de lecture. Une évolution au fil des lectures dont je tente ici de rendre compte au jour le jour. Le changement d’illustration indique une refonte de ce billet. Une manière aussi de parler des lectures à venir et de mes pauvres façons de les construire en résonance. La réflexion s’amplifie autour de ce narcissisme mis en réseau.

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Au départ d’Atocha Ben Lerner

 

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Pour parler de L’été des noyés, j’évoquais la solution de l’image. Dans ce court premier roman, Ben Lerner procède ainsi. Le romancier américain est censé quêter l’expérience qui le fera advenir à l’écriture. Lerner nous en propose ici une caricature fine, informée et ironique. Dès la première scène, cette solution de l’image est solidement suggérée.

Le roman raconte l’existence d’un poète en résidence, sa quête effrénée de sensations afin de quitter ce vide intérieur jamais très éloigné de la viduité de Leiris. Il nous décrit l’imposture, aujourd’hui, de se prétendre poète. Tous les jours, ce poète réfugié dans l’intraduisible se rend au musée pour une dévotion ostensible envers l’art pictural. Le sens de ce roman se réfugie ici : l’expérience esthétique dont veut s’alimenter le narrateur est au pire une imposture, au mieux une escroquerie qui phagocyte le spectacle qu’autrui donne de la pureté d’une expérience. Face à un homme en pleur devant une toile, le narrateur éprouve cette tangence qui définit notre rapport à l’art :

Mon intérêt pour l’art était indissociable de la rupture entre mon expérience personnelle des œuvres et les propos qu’elles suscitaient ; le constat de cet écart – voilà sans doute mon expérience esthétique la plus intense, ou du moins ce qui s’en rapprochait le plus : l’expérience profonde de l’absence de profondeur.

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L’été des noyés, John Burnside

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pas un instant je ne cessai d’attendre qu’une chose se produise. Une chose qui mette un terme à l’histoire. Une chose qui donne une explication au mystère – quand bien même je n’aurais pas su dire en quoi le mystère consistait.

Le fantastique serait-il une question d’élégance ? Dans ce roman, la sensibilité l’emporte. Par exception ce n’est pas ici celle de la petite personne d’un auteur bruyamment mise en avant. Au fil du roman, le lecteur découvre la capacité de Burnside à se décentrer pour appréhender la disparition.

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