Un bref instant de splendeur Ocean Vuong

Le corps du désir, de l’absence ; les mots du désir et de l’exil. Lettre à la mère, hommage à son corps souffrant, à celle qu’elle inflige, récit d’une arrivée aux États-Unis, invention d’un écrivain qui tente, au-delà des excuses et par la fiction, la poésie qu’elle recèle, de s’approprier sa langue et dire ainsi la découverte de son homosexualité, le désir et sa perte à travers un portrait sensible de l’Amérique paumée, droguée. Dans une très jolie prose, souvent inventive, apte à inventer motifs et images pour rendre l’obsession, Ocean Vuong signe un premier roman d’une grande finesse dans sa réflexion pratique sur le langage. Un bref instant de splendeur ou la beauté, le désir, la lumière malgré l’horreur.

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Hôtel Castellana Ruta Sepetys

Des amours contrariées aux dernières années du règne fasciste de Franco, la vie dans un grand hôtel quand le pays, par intérêt commercial, s’ouvre. Fresque populaire (avec donc les facilités de la grande efficacité) où s’entend la difficulté de la vie dans l’après-guerre où l’épuration perdure pour les enfants des Républicains. Dans la peau d’un hériter texan, naïf et curieux, Ruta Sepetys dit l’horrible répression de la vie sous la dictature. Tout de romanesque, pour ne pas dire de romance, Hôtel Castellana est un roman d’une efficacité entendue, une lecture distrayante.

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Lumière d’été, puis vient la nuit Jon Kalman Stefansson

Les confins de la nuit, les ombres qui soudain influent sur des existences ordinaires, la modernité qui frappe une petite communauté d’un village islandais des fjords de l’Ouest. Entre naïveté et profondeur, empathie et regret, Jon Kalman Stefansson poursuit l’histoire collective de son île. Lumière d’été, puis vient la nuit est un roman sur la peur, sur nos façons de composer avec elle.

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Pourquoi tu danses quand tu marches ? Abdouraham A. Waberi

Djibouti, la polio, la lecture et l’écriture comme roman d’initiation. Jouant sur l’émotion, Abdourahman A. Waberi fait le récit de son enfance, ses souffrances et refuges. Pourquoi tu danses quand tu marches ? roman calibré qui fonctionne trop bien ?

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Le livre à venir Maurice Blanchot

Quel espace, extérieur, autre, à venir, ouvre l’écriture ; quel autre livre, autre rapport à la parole et à son pouvoir permettent la littérature. Dans la concentration de sens de son style acéré, Blanchot ouvre des pistes de pensées par l’examen, serré, du rapport à l’écriture de Proust, Artaud, Broch, Kafka, Mallarmé, Beckett, Joubert, James et Musil. Le livre à venir ou l’invention de la souveraine absence de pouvoir d’une parole littéraire toujours en devenir.

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