Le corps de l’âme Ludmila Oulitskaïa

Différents visages, matérialistes ou fantastiques, de la mort, de ce qui reste de nous, de ce soutien, parfois intrusif, de la vie dite ordinaire. Le corps de l’âme se révèle une suite de nouvelles étonnamment cohérentes, entre elles et avec le reste de l’œuvre de l’autrice. Ludmila Oulitskaïa parvient à dire, par ellipses, pudeur et humour, l’existence au moment où elle s’en va, les étranges refus et autres merveilleux échappatoires opposés à l’inéluctable.

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« 53jours » Georges Perec

Ultime roman de Perec, dont seule la première partie fut rédigée, « 53 jours » reste comme une persistance énigme, la notation de fausses pistes, de dédoublements, de réflexions – et de pastiches – sur le roman policier. Difficile, en l’état, de juger ce qu’aurait été « 53 jours », mais sa forme inachevée plonge le lecteur dans la fabrique du roman, ses impasses et contraintes. Un roman à reconstituer comme on promènerait un miroir le long du chemin.

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Les nuits de la peste Orhan Pamuk

Orient et Occident, réalité et fiction, vieux thèmes chers à Pamuk qu’il reprend ici pour interroger la valeur de construction d’une catastrophe collective – la Peste – et surtout les hasards, reconstructions et autres aléas par lesquels s’invente un récit collectif. Avec minutie, un peu de longueur aussi, Les nuits de la peste élabore une utopie, l’île imaginaire de Mingher qui, dans ses difficultés à endiguer la peste, incarnerait les prémisses de la chute de l’empire ottoman, la difficile et dissimulatrice accession à un récit moderne des complexités et contradictions de son identité.

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Mâchoires Monica Ojeda

Les dédoublements de l’horreur la plus blanche, sa construction dans les dissimulations d’un récit pluriel, jamais aussi peu fiable que lorsqu’il souligne ses dénis, jamais aussi inquiétant que lorsqu’il laisse sous-entendre que les choses aient pu se passer ainsi. Mâchoires, roman sur le roman, offre une très subtile réflexion sur le récit d’horreur, l’adolescence, le rapport mère-fille, l’amitié au féminin, le lien entre une élève et son enseignante. Monica Ojeda décrit magnifiquement une sombre plongée dans l’horreur blanche, la peur et tous ses possibles.

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Vareuse-Blanche ou le monde d’un navire de guerre Herman Melville

Immersion dans une frégate-monde, au creux de ses martiales hiérarchies, ses injustes et autres iniques sanctions. Avec la justesse du regard d’un grand écrivain, l’étrange et indécidable distance des narrations de Melville, Vareuse-blanche est infiniment plus qu’un simple récit autobiographique ou historique. On y voit Melville construire son empathique séparation au monde qu’il décrit avec une exhaustive sensibilité. Un très grand livre dans l’inquiète fascination qu’il suscite.

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