Mon cher mari Rumena Bužarovska

Variations sur les déboires conjugaux, entre désamour et désillusion, la vie ordinaire sous un prisme féminin pour mieux dévoiler les cruautés masculines, les constructions sociales et les façons dont elles sont incorporées, voire reconduites. Sur cette trame, une femme dénonce les travers de ses maris et dévoile ainsi leurs propres obsessions (l’aspiration à l’art, l’alcoolisme, le désir né de discours attendus, l’hérédité, les différentes facettes de la domination masculine, Rumena Bužarovska peint un subtil portrait de la Macédoine contemporaine, mais aussi de nos propres sociétés. Mon cher mari, onze nouvelles, drôles et cruelles.

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Les vainqueurs Roy Jacobsen

Naissance d’une conscience de classe, mise en récit des aléas, des réussites et des destins individuels et collectifs du progrès induit par la sociale-démocratie norvégienne. De l’âpre précarité du pêcheur-paysan à la survie, plus aisée, de l’ouvrier pour parvenir à l’émancipation, à la contestation des années 60 et 70. Après une nouvelle description de la vie sur une île du Nord de la Norvège en 1927, Roy Jacobsen raconte, avec une grande délicatesse, la façon dont on se construit sur cet héritage. Les vainqueurs ou l’éternel, et nécessaire, tentative de donner une voix, pluriel et ici sceptique, à ceux qui, individuellement, subissent l’Histoire et, collectivement, la font.

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Terra Nostra Carlos Fuentes

Circularité, pluralité, des destinés, du temps qui est aussi ce que l’on en imagine, ses failles, itérations, prophéties, mais aussi tout ce qui n’a pas été vécu, les secondes chances des échecs, les hérésies, l’expérience en commun de notre terre. Chef d’œuvre de Carlos Fuentes, immense roman cosmogonique aux réflexions sur l’unité, toutes les dualités (nouveau et ancien monde ; passé et présent ; masculin et féminin ; unique et plurielle ; achevé, inachevé ; rêve et mémoire…), Terra Nostra est le récit véritablement baroque (permanent jeu de miroir entre rêve et réalité) de la fin d’un empire, celui halluciné, forclos dans sa dévotion syphilitique, de Philippe II, l’annonce d’un nouveau monde et la préservation de l’utopie d’un autre monde. Carlos Fuentes nous emporte dans ce récit messianique, dans la permanence des signes, la variabilité de leurs interprétations, la concordance des mythes, la réalité trompeuse de l’écrit et de ses hérésies, la folie de la foi, l’immuable et éternel désir de dire.

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Esperanto Rodrigo Fresan

Éternels recommencements du langage universel. Chansons tristes, histoires courtes, sous-titre d’un être en mouvement, en fuite de lui-même, à la poursuite des cordiales intermittences de sa mémoire. Dans son premier roman, Rodrigo Fresan commence sa réflexion sur le langage, ses spectres et autres revenances. Esperanto ou le poids de nos dénominations, nos incapacités à échapper aux figures attendues, l’intime nécessité de donner — surtout en Argentine — un visage à nos disparitions. Entre virtuosité artistique et ironique jeux d’emprunts, Rodrigo Fresan esquisse ici l’infinie richesse de son territoire romanesque.

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Celui qui ne m’accompagnait pas Maurice Blanchot

L’espace de vide, d’erreur et d’errance de l’écriture, comme à l’abri de la parole de l’autre en nous et où voir disparaître celui que l’on croit être. Dans ce récit, Maurice Blanchot met à l’épreuve, dans une forme de dialogue impossible, sa haute — et inspirante — conception de la littérature, de cette écoute, cette lecture et les espaces qu’elles ouvrent. Celui qui ne m’accompagnait pas ou l’incarnation de ce moment de nuit, cette traversée d’un temps infini, l’expérience souveraine de la dépossession, de la délocution.

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