Tueurs Jean-Michel Espitallier

Plongée dans l’horreur, la brutalité autorisée, ordinaire. Récit sans fard qui oscille entre témoignage et mise en mots des images de meurtres, tortures, exécution qui, dans une insoutenable culpabilité hante nos imaginaires, livrent l’homme à sa barbarie sans limite. Jean-Michel Espitalier alterne des images, des scènes sans autre suite que leur cruauté, et des témoignages de tortionnaires pour faire entendre, dans Tueurs, le pire d’une humanité aux instants où violence et destruction deviennent son unique réalité, son impitoyable justification.

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Obsolescence des ruines Bruce Bégout

L’effacement des ruines dans le paysage contemporain comme incarnation, déjà dépassée par définition, du capitolocène. Partons dans cette exploration – livresque, esthétique et philosophique – des suburbia, zones intermédiaires, difficilement définissables d’être totalement aliénées à la fonctionnalité. Avec l’élégance rieuse de la vraie érudition, Bruce Bégout s’empare des ruines, de nos conceptions historiques, de nos façons d’en faire un miroir esthétique, afin de proposer un rapport au lieu. Obsolescence des ruines ou une très fine méditation sur notre rapport à la destruction.

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Seyvoz Maylis de Kerangal Joy Sorman

Un barrage et des fantômes : l’esprit des lieux. Par une prose d’un réalisme quasi documentaire, les deux autrices font glisser le lecteur dans un insidieux fantastique, autant de fragiles images d’un passé qui remonte, d’une culpabilité collective jamais submergée par les constructions humaines. Par leurs interrogations, leurs étranges fascinations aussi, Maylis de Kerangal et Joy Sorman dresse à travers le portrait de ces lieux une figuration de nos mythologies contemporaines.

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Colombey est une fête Aurélie Chenot

La vie d’une revue, transition, le langage et sa modernité, l’émulation des années 1920. Dans un récit très documenté, mais habilement mené pour ne pas ennuyer le lecteur ou le noyer sous les références, Aurélie Chenot retrace le parcours, intellectuel, amoureux et amical d’Eugen Jolas, le directeur de cette revue résolument internationaliste qui publia entre autres La lettre au père de Kafka, le Finegan Wake de Joyce en épisode. Colombey est une fête, l’intelligence et la modernité qui s’y inventèrent aussi.

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Hoya Bella Anne Luthaud

Des meurtres fourbis comme des vengeances ; des vengeances présentées comme des virtualités de lecture. Hoya bella, la plante qui à tout et partout survit comme les motifs éternels, leurs différentes incarnations dans le mythe et l’opéra, dont Anne Luthaud joue des variations et des possibles. Quasi thriller sur ce qui aurait pu se passer, Hoya Bella réfléchit surtout aux fleurissements possibles du récit.

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