Attaquer la terre et le soleil Mathieu Belezi

L’imbécile brutalité de la colonisation algérienne, armée et agricole. La vie quotidienne des colons, son implacable et absurde dureté ; les bains de sang éhontés de barbares militaires censés apportés civilisation et progrès. Pour donner à voir l’insoutenable de cette situation, Mathieu Belezi cisèle l’apprêté, les apartés, de sa langue d’où, sans ponctuation, émergent des bribes de dialogues, rythmes et motifs d’une incapacité à, d’une part, s’acclimater et, d’autre part, le fou conditionnement meurtrier. Attaquer la terre et le soleil où l’horreur à hauteur d’hommes et de femmes.

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Zizi Cabane Bérengère Cournut

Cartographie d’une disparition et des façons différentes dont on compose avec l’absence et le deuil. Aux confins de la magie, au seuil sombre de tout enchantement, dans les rets de l’enfance, dans la difficulté à se construire, à trouver sa place dans le roman familial, sous les auspices du conte de fée, Zizi Cabane explore les structures de la famille, le lien au paysage, la définition de soi dans les rêves, les jeux et autres adultes obsessions. Entremêlant — pour donner voix aux rives de l’absence, parole aussi à cette envahissante et curieuse rivière qui envahit tout — poèmes et récit en prose — pour donner voix à la construction d’une enfance, à l’éloignement de la perte, à la préservation fragile des visions et de leurs enchantements —, Bérengère Cournut poursuit son exploration, fluviale et cartographique, du territoire onirique, à l’écart d’un ordre du monde dit réaliste, qui constitue la moins mauvaise part de nous-mêmes.

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Après l’étérnité Étienne Verhasselt

Récits de brèves proses, rieuses fantaisies sur l’instant d’après, les éclats de notre grand désordre – les subsistances de nos postcombustions – morts et ruptures pour dire l’amusante absurdité de notre monde. Douceur et décalage, mélancolique distanciation ; ironie sur l’ordinaire non-sens de nos vies banals et effacées. Après l’éternité : un flottement, une délicatesse ouatée, la contemplation parfois aussi de toute la vanité, des vies qui s’en vont, comme ça. Étienne Verhasselt raconte la fin de nos mondes avec une belle légèreté.

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Le temps des grêlons Olivier Mak-Bouchard

Des photos qui ne parviennent plus à capturer des visages ; simultanément les premiers à avoir été photographiés reviennent tels des fantômes hantant notre surplus de données. Entre la physique quantique, la fable informatique et politique, Olivier Mak-Bouchard signe un conte sur la réalité de nos images, le poids de nos pertes, la peur de ce qui revient, de ce qui est différent. Le temps des grêlons oscille alors entre de jolis emprunts poétiques et une image faussement légère, faussement décalée, de notre univers.

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Demi-ciel Joël Casséus

L’autre côté, celui aveugle, celui de l’oppression, celui qui survit, en creusant des fosses, derrière un mur. Notre monde, en pire ? Une post-apocalypse ayant déjà eu lieu derrière le mur du capitalisme, du colonialisme ? L’expérience de l’âpreté de la langue quand elle touche à l’aveuglement, approche le silence de la survie, l’inquiétude d’une menace réelle, mais aussi fantasmée comme signe et sens, prophétie et épreuve. Dans la circulation de la parole, dans la succession du point de vue de chacun des personnages, Joël Casséus retrace les ultimes espoirs d’une communauté, fragile, humaine.

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