Le quatrième siècle Édouard Glissant

La nuit et le vent ; magistrale fresque familiale où filiation et présent sont des zones d’ombres, parfois passagèrement révélées. Dans sa langue magnifique, dans la poétique de ses phrases, Édouard Glissant révèle les deux positions face à l’esclavage : soit l’acceptation soit la révolte, soit la pleine soit la forêt d’acacias, soit la magie des quimboiseurs soit le réalisme des registres, soit les Béluse soit les Longoué. Il faut lire Le quatrième siècle pour la liberté de sa langue, le mouvement de l’invention d’un passé, de revendications de racines, sauvages.

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Le livre de Promethea Hélène Cixous

L’amour ou la fusion des identités ; l’écriture ou la confusion, dans un dense réseau métaphorique, de l’être aimé et de celle qui tente d’en saisir le présent. Le livre de Promethea, parfois diaboliquement intellectualisant, capte la sauvage silhouette, la brûlure, ardeur et absence, d’un amour saisi dans ses antagonismes. Hélène Cixous offre ici une belle réflexion habilement mise en récit et en miroirs.

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Criquet Andrée Violis

La perte de l’enfance, la capture de ses ultimes enchantements : le refus d’une morne condition féminine dont les tyrannies et empêchements sont finement décrits. La sensualité d’un dernier été insulaire, les jeux que l’on y retrouve plus, l’inquiétude du changement, le refus de ce devenir autre, si tiède, souffrant et bourgeois. Dans la grande pertinence de son regard social, Andrée Viollis montre à quel point refus et reniement servent la naissance d’une sensibilité. Criquet ou la perte qui nous constitue.

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Nouvelles pensées de l’Amazone Natalie Barney

Aphorismes, poèmes autant de patientes descentes au cœur du sentiment amoureux, de ses variations saisies à la pointe d’une plume de moraliste. À revers de l’attendu, souvent, Natalie Barney signe une apologie critique des amours féminines, des mœurs risibles ou acerbes de la société où, à l’écart, elles s’inventent. Par son charme un rien suranné, par l’intemporelle pertinence de certaines de ses notations, Nouvelles pensées de l’Amazone est un bouquet charmant, piquant.

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Jusqu’à la mort Amos Oz

L’identité juive une hallucination terminale, l’invention d’un ailleurs à jamais repoussé ? Dans ces deux beaux récits, crépusculaires et hantés, Amos Oz semble le suggérer. Dans la détestation, les premiers pogroms, d’un croisé ou dans le monologue d’un conférencier usé et paranoïaque, la lucidité paraît un cauchemar et la mise en récit une folie sans salut, indispensable somme de tous les espoirs qui nous constituent.

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