Elle nage Marianne Apostolides

La natation, respiration de la pensée, flux de conscience qui alterne les mouvements et les temps, les mots et la quête du désir, celle aussi de la fin de l’amour. Dans une prose très introspective, entre la fiction et l’invention de soi, entre la théorie littéraire et l’étymologie, le désir et son langage toujours trop abstrait, entre le contemporain et les mythes grecs, Marianne Apostolides interroge le corps qui nous constitue, les façons de dire et de détourner ses souffrances et espoirs.Elle nage laisse résonner les rythmes/alternatives de nos vies.

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Comment je suis devenue Duchess Goldblatt

Invention d’un avatar plein de compassion, d’humour, de décalage comme révélateur d’une vie à la dérive, de ses difficultés à entretenir, au premier degré, ses terribles rapports sociaux. Une éditrice s’invente un double virtuel, elle recrée une communauté, invente la possibilité de la bienveillance, la distance du soutien. De ce premier roman anonyme se dégage la rare possibilité de la joie, la prise en compte distanciée des souffrances qui la sous-tendent, la chance, en parlant d’autre chose, de toucher à la justesse des sentiments.

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A hell of a woman Jim Thompson

Réédition, aux allures de pulps (dans des cahiers, avec des illustrations délicieusement old school) du grand classique de Jim Thompson. La naissance du roman noir, le narrateur peu fiable à son meilleur et une acerbe critique des rêves vendus, à crédit, par ce capitalisme triomphant. Toujours en connaissance de cause, toujours en contact intime avec cette Amérique des déclassés, Jim Thompson excelle à restituer les ressorts psychologiques d’un homme acculé, sa part de mensonge, voire d’hallucinations comme dans un final impressionnant.

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La mort sur ses épaules Jordan Farmer

Virginie-Occidentale post-industrialisée, l’errance et la came, de centre de détention en amours boiteuses. La mort sur ses épaules, roman d’un excès de noirceur pour dire les pièges, la pauvreté, ses fatalités comme ressort dramatique. Jordan Farmer nous entraîne dans le destin tragique d’un jeune drogué homosexuel, du frère malheureux du caïd local et d’un travail social frappé de nanisme.

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Ordure Eugene Marten

Plongée perturbante dans la psyché d’un paumé solitaire, d’un dingue banal d’un agent d’entretien aux liens, disons, un peu trop étroits avec les déchets qu’il trouve. Récit très noir, où l’horreur est à peine suggérée, glissée entre deux phrases banals, Ordure nous entraîne dans la perception atrophiée, aliénée, de Sloper son ordinairement détestable, dégueulasse, personnage. Eugen Marten à faire entendre toute la folie de nos vies.

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