Sarah Jane James Sallis

Le roman des silences, récits lapidaires de présences croisées, des absences qu’elles laissent, de tout ce qui ne nous détermine pas tout à fait. Toujours dans cette très haute perfection du style, cette sécheresse qui atteint tout de suite à nos incompréhensions, James Sallis signe un nouvel opus qui émerveille dans sa sagesse simple, âpre. Sarah Jane immense roman noir qui laisse au lecteur le soin de combler les silences en son centre.

Lire la suite « Sarah Jane James Sallis »

Le garçon magnifique Aimee Liu

Décoder la sauvagerie du silence, le langage de la séparation et de la culpabilité, tromper aussi celui de l’ennemi. Roman plutôt classique dans sa forme, dans sa reconstitution renseignée d’un pan méconnu de l’histoire (la seconde guerre mondiale dans les îles Andaman), Le garçon magnifique est une belle réflexion sur les liens entre les hommes et comment ils échappent au langage, aux ethnies, voire aux filiations. Mêlant l’ethnographie amateur, la botanique, au récit de guerre, Aimee Liu entraîne le lecteur dans cette histoire singulière, émouvante.

Lire la suite « Le garçon magnifique Aimee Liu »

Au temps des requins et des sauveurs Kawai Strong Washburn

Douloureuse interprétation des signes, la promesse d’un Sauveur comme ultime trace de magie. Au temps des requins et des sauveurs, sous ses efficaces apparences de saga familiale, retrace l’invention d’un destin (sacrificiel forcément), ses impacts sur les autres membres de la famille, les façons dont, collectivement on peut prendre en charge, ce salut toujours équivoque. Dans ce premier roman, Kawai Strong Washburn ressuscite la magie d’Hawaï, ses croyances comme autant de possibilité de vivre autrement. Un très beau roman.

Lire la suite « Au temps des requins et des sauveurs Kawai Strong Washburn »

Qui gagne perd Donald Westlake

Polar d’une désinvolte drôlerie où, comme souvent chez Westlake, un homme se retrouve, malgré lui, dans une inextricable fatalité. Il se dégage de Qui gagne perd, le charme du roman noir de la vieille école, simple, sans commentaire ni morale, évident, diablement bien construit. Donald Westlake ou l’art de nous entraîner dans ses histoires tordues.

Lire la suite « Qui gagne perd Donald Westlake »

Le mont Arafat Mike Kleine

Un roman complètement pété, explosé dans une cosmogonie apocalyptique, dans une suite de récits fragmentaires de fins du monde. Jeu quasi aléatoire de résonances ou de récurrences imagées de motifs et de lieux, Le mont Arafat dessine une géographie (une surréaliste géodésie) de la déréliction, comprendre cette éminente, toujours renouvelée, mort des dieux au cœur du sentiment de l’absurde pourchassé par ce roman. Osera-t-on actionner la manette et s’aventurer dans l’univers en perpétuelle implosion de Mike Kleine ?

Lire la suite « Le mont Arafat Mike Kleine »