K comme almanach Marie-Jeanne Urech

D’une apocalypse joyeuse, doucereuse, fantaisiste, sautillante dans cette écriture fragmentée où se dessine, à l’abandon, une ville laissée à un lampiste qui s’acharne, contre une végétation luxuriante, à en préserver la lumière, une langue subtilement de décalage comme l’univers dans laquelle, à son aise, se déplie la prose de Marie-Jeanne Urech : toujours en échappée. K comme almanach, sous ses allures de conte, de récit de science-fiction, d’éloge décalé à la lecture et à la transmission, porte une rieuse interrogation sur nos désirs d’ailleurs, sur ce qui nous relie, sur l’écart qu’en permanence doit maintenir le langage.

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Prenez de l’ail et de l’argent, du sel et de la terre Ursula Timea Rossel

Polyphonie quantique pour cartographier les ailleurs, arpenter des temps parallèles, retrouver surtout le plaisir de raconter des histoires comme on vit la vie d’une ou d’un autre. Souvent ébouriffant, toujours très drôle et inventif (dans sa typographie pour marquer, par la variation de couleur ou de typographie, le retour des personnages), ce premier roman transmue la physique quantique en faisant du célèbre chat du physicien qui en est à l’origine un des personnages ainsi qu’une sainte qui voyage dans le temps, une cryptographe désœuvrée, un cartographe habité par d’atalantes recherches, une sybilinne dentiste qui revient, par altération de sa peau, en différents personnages, un capitaine Achab qui tourne un navet métaphysique sur le lion des neiges. Ursula Timea Rossel entraîne le lecteur à travers le globe pour montrer à quel point Prenez de l’ail et de l’argent, du sel et de la terre tisse autrement le rapport entre l’espace et le temps, la réalité et ce qu’elle pourrait être.

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Océania Bernard Fischli

Vers un avenir sans retour ou quand la colonisation d’autre planète nous met face à la mer, rend ce milieu vivant hostile, obstinée poche de résistance à nos destructrices volitions de dominations. Totalement dans les codes du genre (prépondérance de la science et plaisir d’une lecture qui oscille entre passé et présent) Bernard Fischli instaure le climat de panique de ces exilés face à l’isolement et l’hostilité. On peut peut-être regretter le dénouement d’Océania.

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La dernière neige Arno Camenisch

Deux hommes et un téléski, l’imminence de la catastrophe, les histoires et soupçons partagés pour la repousser. Dans la précision de sa langue, par sa capacité à restituer intonations et accents, oralité et silence, une fois de plus Arno Camenisch subjugue par la simplicité panique avec laquelle passent les jours. La dernière neige où la brume métaphysique qui nimbe notre quotidien, ordinaire, exemplaire.

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Les limbes de Bzjeurd Olivier Sillig

L’univers rendu à ses soumissions plus ou moins imaginaires, à la violence de sa croyance désespérée à un sens, à un ordre qui imposerait sa domination. Dans ces limbes, quasiment des projections mentales, Olivier Sillig réfléchit aux pulsions primales qui resteraient à une humanité en proie à une catastrophe, dans un monde devenu flottant, humide, aux meurtrières lisières. Les limbes de Bzjeurd ou le flottement dangereux, fascinant, du souci de l’autre.

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