American Prophet Paul Beatty

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American Prophet est un roman à l’humour à la lettre dévastateur. Dans une prose rageuse, d’une ironie mordante par sa richesse métaphorique, Paul Beatty met en scène la possibilité de devenir un « héros culturel », le porte-parole d’une cause dont, à travers celle du peuple noir, il interroge bien fondé et récupération.

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Amour, Colère et Folie Marie Vieux-Chauvet

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Amour, Colère est Folie est un roman d’une sombre beauté. Au fil de trois récits en huis-clos, Marie Vieux-Chauvet nous livre le portrait implacable de la dictature et de toutes les compromissions et autres hypocrisies qui la rendent possible.

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La veille de presque tout Victor del Arbol

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Dans La veille de presque tout Victor del Arbol livre une intrigue entraînante. Moins historique que ses précédents romans, ce roman est une belle interrogation sur la culpabilité et la survie.

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Vie prolongée d’Arthur Rimbaud Thierry Beinstingel

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Une idée me hante depuis longtemps. J’y reviens comme une impossibilité dont je ne peux me détacher : la tentation de renaître, de fuir pour s’inventer une nouvelle existence. Sans doute est-ce, à la lettre, un vertige. Le roman ouvre cette tentation théorique comme une hypothèse mélancolique.

Le geste d’Arthur Rimbaud semble l’incarnation de cette réinvention de soi. L’auteur réalise ce pari improbable de rendre compte, sans pathos ni envahissement de l’existence d’un génie, de cette difficulté à témoigner au cœur du roman mais aussi de cette histoire spéculative, cette façon dont tout un chacun invente les possibilités non vécues de son existences. Nous en trouvons des illustrations parfaites tant chez Coetze que chez Penn Warren.

Vie prolongée d’Arthur Rimbaud reconnaît l’ironie du « Il faut être absolument moderne » déclamée dans Une saison en enfer avant de s’enfuir en Abyssinie. Le geste initiateur de la modernité,  le renoncement à la poésie, est admirablement mis en perspective par une hypothèse folle : durant son agonie à Marseille, le poète revenu gangreneux est pris pour un autre, déclaré mort il survit.

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Au départ d’Atocha Ben Lerner

 

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Pour parler de L’été des noyés, j’évoquais la solution de l’image. Dans ce court premier roman, Ben Lerner procède ainsi. Le romancier américain est censé quêter l’expérience qui le fera advenir à l’écriture. Lerner nous en propose ici une caricature fine, informée et ironique. Dès la première scène, cette solution de l’image est solidement suggérée.

Le roman raconte l’existence d’un poète en résidence, sa quête effrénée de sensations afin de quitter ce vide intérieur jamais très éloigné de la viduité de Leiris. Il nous décrit l’imposture, aujourd’hui, de se prétendre poète. Tous les jours, ce poète réfugié dans l’intraduisible se rend au musée pour une dévotion ostensible envers l’art pictural. Le sens de ce roman se réfugie ici : l’expérience esthétique dont veut s’alimenter le narrateur est au pire une imposture, au mieux une escroquerie qui phagocyte le spectacle qu’autrui donne de la pureté d’une expérience. Face à un homme en pleur devant une toile, le narrateur éprouve cette tangence qui définit notre rapport à l’art :

Mon intérêt pour l’art était indissociable de la rupture entre mon expérience personnelle des œuvres et les propos qu’elles suscitaient ; le constat de cet écart – voilà sans doute mon expérience esthétique la plus intense, ou du moins ce qui s’en rapprochait le plus : l’expérience profonde de l’absence de profondeur.

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