Nocturne pour le commissaire Ricciardi Maurizio De Giovanni

Le tourment amoureux, la permanence de la perte : une automnale sérénade où se déploient les différents thrèmes de la mélancolie du commissaire Ricciardi. Comme le plaisir coupable d’un très grand confort, celui d’entendre un air déjà chanté, on retrouve une nouvelle enquête de Ricciardi, toujours parasité par sa vision des morts, par ses oscillations amoureuses, par l’incapacité qui en résulte à se soumettre à des solutions trop simples. Maurizio de Giovanni, dans sa composition plurielle, dans son alternance musicale de points de vue, s’intéresse à l’exil italien, poussé par la misère vers les États-Unis et dresse alors le portrait d’un boxeur blessé, de la difficulté toujours du retour au pays comme autant de façon de figurer l’amour par sa perte.

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Une petite société Noëlle Renaude

La curiosité des invisibles, l’interprétation abusive des minuscules secrets que, du dehors, ils décèlent dans la vie d’autrui, peut-être pour ne pas voir les drames ainsi tus. Enchaînement assez vertigineux de témoins, d’acteurs de hasard, de ce qui se passe dans une maison cossue du Val-d’Oise, suite de situations cocasses et cruelles, désespérées et grises d’être trop conforme à la morne grisaille de nos vies dites ordinaires. Noëlle Renaude tisse une série d’histoires, de destins pas très heureux, de vies par substitution, de solitude dans un univers suspendu, suranné où apparaît soudain le malheur, la distanciation d’une ironie parfois un rien marquée. Une petite société enferme ses personnages dans ce qu’ils parviennent à deviner de la vie d’autrui, dans leurs suppositions peu heureuses et, se faisant, dans un bel entrelacs de récits, de croisements et d’inachevé.

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Queens Gangsta Karime Madani

Le Queens et ses gangsters, le trafic de drogue comme allégorie du capitalisme sauvage des années 80-90. Dans une prose quasi documentaire, inspirée en tout cas d’une affaire réelle, Karim Madani redonne souffle à ce fatal enfermement dont, patiemment, la sociologie, la fatalité.

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La nuit du Hibou Hye-Young Pyun

La peur, les limitations de consciences, les sourdes manipulations psychologiques comme une interprétation psychologique. Nous retrouvons ici toutes les qualités — notamment la précision, la discrète critique d’une société ainsi mise en jeu — de Hye Young Pyun. La nuit du hibou entraîne dans la claustration, l’alcoolisme et surtout dans l’inquiétude de cette forêt, de cette lisière de la conscience et de la perversion dont l’autrice sait faire surgir détours et méandres.

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Rien que du noir William McIlvanney Ian Rankin

La première enquête de Laidlaw laissée inachevée par William McIlvanney et terminée par Ian Rankin. Cette phrase devrait suffire à affrioler tous les amateurs de polars. On retrouve ici l’inspecteur philosophe, spectateur empathique de Glascow, attentif témoin de la misère et de la splendeur de tous ses habitants. Rien que le noir se demande quand un meurtre commence, comment il est bien plus que le résultat d’une guerre des gangs.

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