
L’horreur meurtrie, abusée et violée, de la condition féminine lettone depuis la seconde guerre mondiale, les déportations soviétiques jusqu’à l’insidieuse domination patriarcale contemporaine. On est d’abord extrêmement mal à l’aise par cette nouvelle exploration du bordel de Buchenwald avant que d’entendre un intéressant travail sur les voix qui s’entremêle dans ce récit qui aussi tente d’écouter les silences de l’Histoire, les manipulations d’une coupable recomposition familiale. Après l’éprouvant épisode concentrationnaire, Belles de sang dévide la poursuite d’une autre folie, d’une survie saisie dans les ellipses de celles qui, ensemble, qui s’y essaient. Au-delà de cette accumulation d’atrocité, Inga Gaille dépeint la taiseuse obstination de ces générations de femmes, de ce passé dont on hérite.