
Reflets de la sainte idiotie par la mise en discussion du salut de la beauté, du temps qu’il reste avant notre mort, de ce qu’il conviendrait d’en faire, d’y trouver de la compassion, d’y échapper à la honte, de sortir, qui sait, de nos folles confessions, de la banale mesquinerie du Mal, de la médiocrité de ses manifestations sociales, de ses marchandages maritaux et de conquérir un incertain, polyphonique, démoniaque peut-être, libre-arbitre. Relire L’idiot confronte à la virtuosité de ses multiples rebondissements, à ses incarnations d’insoutenables dilemmes, à la folie de ses monologues hallucinés, à leur révélateur burlesque et surtout à cette part de ridicule, de compréhension, de toute spéculation métaphysique. En grand romancier, Dostoïevski captive son lecteur par tous les doubles et reflets qu’il offre au prince Muichkine, à la sidération qu’il apporte à toutes les conceptions antagonistes de ses personnages que ce soit Kolia, Hyppolite, Rogojine, Aglaé et, bien sûr, à la libre – jusqu’au démoniaque – Anastassia.