
La multiplication des morts, les strates du temps dans cette mémoire guerrière qui, par l’aspect fantastique et peu fiable de la narration, peint aussi la prescience de la permanence des conflits dans cette Prusse romantique en formation. Par le destin travesti et dissimulateur de son narrateur, premier paysan libre, Vicente Luis Mora se penche habilement sur les dissensions d’une conscience européenne ; par les omissions et mensonge de ce Redo qui survit dans cette communauté villageoise et dans les méandres administratifs, Mitteleuropa, Les carnets secrets de Redo est un joli récit fantastique sur la mémoire et ses oblitérations temporelles.