
La paillardise de la connaissance en son excès, l’utopie derrière la farce et surtout une langue dont constamment on entend les emprunts et déplacements, la satire et le sérieux. Cette belle édition de Pantagruel offre la possibilité de se plonger dans le texte original, d’en consulter en vis-à-vis son éclairante, et policée, traduction afin de fuir les aventures ce géant et, avant tout, de Panurge, compagnon de ribaude et autres graveleuses péripéties, à travers les labyrinthes de la soif. Derrière les provocations de son rire, sous son éloge de l’ivresse et de la salée séduction, Rabelais plonge son lecteur dans l’émerveillement d’une liberté en train de se construire, d’un savoir qui ne peut s’élaborer, physiquement, qu’en se moquant de lui-même, que dans l’acide critique des infernaux diktats (indulgences sociales dominations) de son époque.