
Les sourdes rumeurs d’une ville, les musiques de la vie et de ses fuites, les sons de ses arrêts, accidents, catastrophes et autres récits inventés pour se relier, se disjoindre, pour écouter quand même comment l’endroit où l’on vit nous parle. Minute après minute, Anne Savelli entrecroise les personnages et les identités, ce qu’ils entendent et ce qu’ils pressentent et parvient ainsi à faire entendre cette urbaine confusion, l’aliénation de sa temporalité autant que ses soudains échappements. Jouant admirablement sur la confusion des identités, des narratrices, voire des personnages, Bruits peint une géographie de nos surdités, de l’espoir également d’apprendre à décrypter, à différemment encoder, la fragile fugacité de ce que , invisible, nous y croisons.