
D’une poétique amoureuse à l’écoute du retraitement de ce qu’en font les intelligences génératives ; d’une techno-critique qui ainsi entend les permanences du discours amoureux en les refondant, au féminin, dans des sextines inspirées de la poésie des troubadours. Derrière le dispositif, son impersonnelle froideur parfois, Elsa Boyer poursuit son exploration des machines et de leurs désirs, de nos consentements technologiques et de ce que l’on parvient, peut-être pour y échapper, à s’en approprier. Sous son apparence ludique, sous ces marquées empreintes contemporaines, sous son emploi du globish sur les réseaux sévissant, Luuv réinvestit l’amoureuse soumission, ses sidérations et manques, ses prévisibles passages dont la versification parfois surprend l’immuable et l’intangible, la désespérance et comment elle fomente, malgré tout, le désir.