Jamais assez Alice McDermott

Le désir, des glaces ou des corps, serait-il tout ce qui reste de nos vies, autant de souvenirs d’interdits enfantins ? Dans cette courte nouvelle, sautillante et triste, Alice McDermott saisit avec gourmandise le proverbial passage du temps. On en a Jamais assez.

On excusera la brièveté de cette chronique, on ne voudrait pas trop en dire sur cette courte nouvelle simplement charmante. On y retrouve l’attachement paradoxal (comment pourrait-il en être autrement ?) au catholicisme de l’autrice, une contemplation ironique des interdits qui ont formé toute une génération mais surtout une capacité à en incarner le poids. Comme dans La neuvième heure , Alice McDermott plonge le lecteur dans une atmosphère délicieusement désuète et parvient ici à en restituer l’intemporel, sa tenace mélancolie aussi. Et ça ressemble tellement à nos vies, à leurs drames et leurs envies. Une jeune fille lèche les cuillères, s’organise cette pointe de gourmandise qui jamais ne la quittera. Compassion et amusement pour ses problèmes sur canapé. Le désir, la seule chose qui dure. La perte et son deuil ; la vieillesse et son enfantine gourmandise retrouvée. C’est si simple ce qui nous tient.


Merci aux éditions La table Ronde pour l’envoi de cette nouvelle.

Jamais assez (trad : Cécile Arnaud, 39 pages, 4 euros)

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3 commentaires sur « Jamais assez Alice McDermott »

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