La danse sur le volcan Marie Vieux-Chauvet


Haïti 1780, tragique comédie de la colonisation, de l’esclavage et de ses créolisations. Fille d’une esclave affranchie, Minette traverse cette révolutionnaire décennie dans le monde du théâtre, portée par sa belle voix et ses vengeresses volitions de succès, elle reflète les aspirations et contradictions d’une société haïtiennes particulièrement déchirée. Dans la nudité romanesque de la colère, dans la scrupuleuse exposition d’une domination stratifiée, dans les antagonismes amoureux, Marie Vieux-Chauvet dénonce l’évidence des horreurs incorporées quand, dans cette île où une femme de couleur ne peut devenir cantatrice, un soulèvement se produit. À l’écoute des lambis de la révolte dans les mornes, de la violente morgue des colons, des affranchis qui en reproduisent l’esclavage, La danse sur le volcan sonde la soufrière et les gouffres d’un pays sans possible apaisement.

Lire la suite « La danse sur le volcan Marie Vieux-Chauvet »

Whalefall Daniel Kraus


Une plongée claustrophobe dans la culpabilité, les mauvais souvenirs paternels et, dans un rocambolesque enfermement dans l’estomac d’un cachalot, dans ce qui nous permet d’entendre où et ce que l’on est. Dans la pression de la dépressurisation, dans ce vertige évoqué dans le titre, dans cette acceptation de la noyade, dans la miséricorde de retrouver le squelette de son père, de croire ainsi se prouver être digne de lui, Whalefall se révèle un intéressant thriller dans sa tension psychologique et l’ambivalence ainsi révélée de nos rapports humains. On découvre ici l’écriture efficace de Daniel Kraus et ses habiles manière d’interroger la figure du clochard céleste, la ferveur et l’intransigeance de sa défense de l’environnement, l’égoïsme que l’ensemble révèle.

Lire la suite « Whalefall Daniel Kraus »

Soixante kilos de coups durs Hallgrímur Helgason


Suites des hilarantes mésaventures, entrée envieuse et aléatoire dans la modernité, de Segulfjörður, petit village de pêcheur littéralement transmué par la pêche aux harengs, le début de l’industrialisation et de l’immense débauche qui s’en suit et que Gestur traverse, aveugle et amoureux. Reprenant l’ampleur, le goût du livre, de la bonne histoire, de son retrait et procrastination, après Soixante kilos de soleil, Soixante kilos de coups durs poursuit, dans un sérieux amusement, l’invention de l’Islande, l’écoute de la misère de son passé, des communautés qu’elle crée et que le progrès vient interroger sans tout à fait les entamer. Dans une prose lyrique, provocante parfois et s’amusant toujours des débordements, Hallgrímur Helgason dit toute la vie dans ses désordres et dégueulasserie, la dure fragilité de notre survie dont le meilleur passe, malgré tout, dans les récits, dans les livres.

Lire la suite « Soixante kilos de coups durs Hallgrímur Helgason »