Faut-il éteindre les néons Anne-Rebbecca Willing

Un bar ferme et, dans le clignotement d’un néon exténué, c’est la soif d’absolu de ses clients qui s’illumine. Voix des néons qui voient tout, du barman qui écoute, d’Arthur qui attend de s’emplir de la lumière des autres en picolant soir après soir, de Bethsabée qui tait ses tacites voyages, d’un dernier qui vient seulement pour effacer un record dans une borne de jeu vidéo: dans son premier roman Anne-Rebecca Willing parvient à saisir tout ce qui nous anime juste avant la fin. Faut-il éteindre les néons, lucide et mélancolique et aveugle comme au bistro, capte finement les déguisements de nos désirs d’absolu.

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Aux objets tu peux te confier Jeanne Borensztajn

Prendre le temps de raconter une histoire, de se mettre à l’écart du temps, de la norme, se confier aux objets, à la poussière, pour révéler ce que l’on aurait pu être. Subtile dystopie, portrait de nos enfermements salariaux remplaçables, Aux objets tu peux te confier offre une jolie préservation de la possibilité de se dire, pas tout de suite, pas totalement.

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Liquider l’or Victor Taranne

L’écriture comme une fugue, un rejet, un ailleurs ; l’invention d’une humanité au-delà de sa disparition, ses acceptations et ses résistances réprimées. Dans une prose incandescente, labile et liquide, apte à tamiser les ultimes réserves de colères et de jouissances, Victor Taranne emporte son lecteur dans la quête d’un journaliste d’une disparu, de lui-même sans doute surtout. Liquider l’or, récit de silences et de bruits où s’interroge la possibilité de témoigner comme capacité d’être au monde.

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Lettre à un ami heureux aux Enfers Maczka Hervier

À l’écoute du silence déraisonnable du monde, dialogue avec celui qu’on a été, avec nos surdités, nos mythes – celui de Sisyphe – de nos imaginaires, des crises mais aussi les instants de relâches que l’on pourrait nommer bonheur. Maczka Hervier signe un magnifique texte composite (entre essai, récit et poème) d’une grande unité inquiète. Lettre à un ami heureux aux Enfers offre, dans son discours à l’absence, une autre manière, minérale, d’être au monde : l’imagination d’un bonheur infernal, à l’ombre des répits de l’absurde.

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Tout peut faire cendre Pola Martinez

De quel feu se tisse nos secrets, derrière quelle cryptographie se révèle la vastitude du monde, quelle tapisserie contiendrait les cendres de notre passage ? Dans une langue aussi rêveuse que l’univers forclos où elle nous entraîne, Paula Martinez décrit deux sœurs qui décryptent le monde : l’une par l’interprétation l’autre par l’incompréhension. Tout peut faire cendre, un joli récit de l’inquiétude intérieure.

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